LA CHASSE n'a pas besoin d'être défendue, elle a besoin d'être expliquée. Partant de cette phrase d'un ancien président de la FNC, la fédération du Rhône a décidé de mettre en place une formation: « Communiquer sur la chasse avec les non-chasseurs». Pour cette première session, ils étaient une dizaine, des présidents de sociétés, chasseurs, un garde-chasse, piégeur et un forestier. Chacun était venu avec une attente précise. Jacques Fabien de Monsols souhaitait trouver « des éléments pratiques et concrets pour communiquer pendant l'acte de chasse et avoir de nouvelles réponses pour sortir des clichés ». Gilles Malnis de Couzon, au Mont-d'Or, aimerait apprendre « à s'exprimer avec tous les citadins mais aussi apprendre à se contenir». Jean Marie Brion, garde à la Tour de Salvagny, relève: « Nous sommes sans cesse agressés et victimes d'incompréhension. » D'autres sont venus avec déjà une certaine expérience de la communication comme Gérard Dardet de Couzon: « Ça fait la cinquième année que l'on organise une sortie avec les scolaires pour leur faire découvrir la faune, la flore,le gibier,nos actions. Et même certains enseignants antichasse ont évolué et nous redemandent d'intervenir chaque année. Ce serait bien aussi d'apprendre à parler avec les pratiquants de la nature: VfT, coureurs... »
Après avoir dressé le bilan de la chasse en France et donné des chiffres clés pour expliquer l'implication des chasseurs dans l'environnement, et leur importance primordiale dans la gestion de la biodiversité, la parole était donnée à Florian pour expliquer comment mettre en place un stand sur le thème de la chasse. Le forum des associations est un moment décisif dans la vie de la commune, une journée où les associations se présentent à la population. Pour les chasseurs,il est indispensable de ne pas rater cette ouverture vers les non-chasseurs: « II faut présenter l'association et ses actions, la faune sauvage, les chiens, les modes de chasse, mais on peut aussi installer des jeux. En revanche, il est bon d'éviter les armes sur le stand,les photos d'espèces mortes ou les tenues trop militaires. » Michèle Blayon, de Lozanne, a une longue expérience des forums: « C'est moi qui fais le stand chaque année, j'essaie toujours de présenter les animaux naturalisés dans un décor avec mousse et branche, les panneaux de la fédération sont aussi très pédagogiques, sans oublier la corbeille de bonbons. » Autre action qui commence à prendre de l'importance dans le Rhône: les journées d'animations dans les écoles avec sortie sur le terrain, en présence de chasseurs de la commune et d'un technicien spécialisé dans ce domaine, qui dispense un programme pouvant faire découvrir la haie, les oiseaux, la biodiversité, les traces et indices de présences,les mammifères,l'écosystème forestier.
Si les enfants sont réceptifs à cette communication et à l'approche de la nature, pour les adultes, c'est plus difficile. Patrick Marinier, de Montromant, a essayé à plusieurs reprises d'inviter des habitants de la commune à une journée chasse: « J'ai fait ça plusieurs fois, mais je n'ai jamais eu personne, alors que quand je fais des journées découvertes, sans acte de chasse, ça passe mieux. » Une solution pourrait être envisagée: à Orliénas (commune beaujolaise), une « battue au chevreuil à blanc» a été organisée pour le conseil municipal d'enfants et ils ont été ravis. La formation s'est ensuite poursuivie par quelques conseils à appliquer sur le terrain: « Soyez fiers d'être chasseurs, et représentezdignement notre passion», expliquait Charles Jullian: « II est fini le temps du vivons cachés, vivons heureux, il faut expliquer notre passion, le plaisir que l'on a de chasser, mais avec raison. »
ISABELLE LECA ROTIVAL
Retrouver l'Article en entier publié dans le chasseur français de février 2011