le bonheur est en Sologne
Posté le 27 October 2005 à 21:11:49 CEST par webmaster |
|
alainphilippe writes "Chasse : le bonheur est en Sologne
En France et ailleurs, la réputation cynégétique de la Sologne est un fait établi et incontesté depuis des lustres. Aujourd’hui, même si beaucoup d’éléments ont été bouleversés depuis une cinquantaine d’années, elle perdure à juste titre, envers et contre tous. Sur ses 480 000 hectares, la Sologne autorise la pratique de la plupart des modes de chasse.
En Sologne tout commence le 1er juin, avec les chasses dites silencieuses de tir de sélection et de récolte des trophées du chevreuil. Deux modes de chasse sont autorisés ; l‘approche et l‘affût sur mirador. Passionnante, la chasse à l'approche débute à une période où la nature est la plus belle. Elle permet de parcourir au crépuscule et à la pique du jour les magnifiques territoires de la Sologne. Quand au mirador, il offre la possibilité de voir les animaux que de faibles obstacles comme buissons, haies, bosquets occulteraient facilement. Il offre la particularité de placer le chasseur hors de la vision des animaux qui, sans avoir le moins du monde connaissance qu’ils sont observés, continuent à vaquer à leurs multiples occupations de la vie quotidienne. Grâce au plan de chasse instauré par les Fédérations des Chasseurs depuis 1979, les populations de chevreuils sont en augmentation régulières d’année en année. En 2005, 11 782 bracelets ont été attribués initialement en Loir et Cher, dont 1410 en tir de sélection. Approche ou mirador, ces deux pratiques restent discrètes. Elles permettent de mieux gérer les cheptels en offrant la possibilité de supprimer les animaux déficients, âgés, à têtes bizards, ou encore de prélever quelques trophées de brocarts arrivés à leur apogée.
Les détendeurs d’une autorisation préfectorale individuelle sont également autorisés à chasser le sangliers à l’approche ou au mirador du 1er juin au 15 août.
Vous allez me dire que tout cela est très bien, mais qu’il existe d’autres régions en France où se pratique la chasse silencieuse… Et je vous répondrais que c’est exact, excepté que la Sologne a la particularité de posséder un sol sablonneux/argileux. Ce mélange donne des terres qui ont des petits rendements, et des coupes de bois peu rentables. De ce fait, elle n’intéresse pas le monde agricole, qui, après un remembrement décapant, aspire à de gros rapports. Ces terrains, peu ou pas exploités, permettent au chasseur d’évoluer au milieu d’une nature restée très sauvage.
Dés qu’arrive le mois d’août, c’est l’ouverture du gibier d’eau. Les étangs de Sologne entre Saint Viatre et Selles Saint Denis sont une halte privilégiée pour les migrateurs. En plus des colverts sédentaires et d’élevages, une faune aquatique variée en route vers l’Afrique fait escale sur ses plans d’eau et ses rivières. Bécassines, chevaliers de toutes sortes, sarcelles, souchets, chipeaux, pilets, et fuligules se rencontrent parfois le soir d’une passée. Le petit quart d’heure d’une passée en Sologne est envoûtant. Entendre le brame d’un cerf tout en percevant simultanément une bande de sarcelles vous passer comme des flèches au-dessus de la tête demeure un moment exceptionnel que l‘on oublie jamais.
Ce cerf, il vous sera possible de la chasser dés le 1er septembre à l’approche. Comme celle du chevreuil, les populations de cervidés sont en pleine croissance. Les plans de chasse ont attribué 427 bracelets de cerfs dans le Loir et Cher l‘année dernière. Sans égaler ceux des pays de l’Est, certains cerfs Solognots possèdent des bois remarquables.
Fin septembre, arrive l’ouverture générale. Contrairement aux idées reçues, il existe chaque année en Sologne une reproduction naturelle de perdreaux et de faisans. Quand au lièvre , il est en nette augmentation depuis une dizaine d‘année. Sans rechercher un tableau faramineux, cela contribue à faire passer à notre chasseur et à son chien, une excellente journée de chasse à la billebaude. Et puis, un jeune perdreau d’ouverture à manger, c’est toujours un bon moment culinaire.
Octobre nous amène les grives, si amusantes à chasser le long des haies, accompagné d’un ou deux amis.
Toujours très attendus quand le vent est orienté à l’Est, arrivent les premiers vols de pigeons ramiers, souvent accompagnés par quelques grues aux chants si reconnaissables. Chasser le pigeon à l’affût le soir sous une châtaigneraie, c’est toujours un grand plaisir.
Aux alentours de la Toussaint, arrivent les premières bécasses. On cite avec raison la Bretagne comme étant le lieu privilégié de la mordorée. Les bécassiers bretons chassent sur d’immenses forêts, mais, malgré cela, ils leur arrivent quelquefois de ne pas avoir une seule levée dans la journée. La bécasse est omniprésente en Sologne. Elle y nidifie même, comme nous avons pu l’observer souvent. Elle trouve en Sologne un terrain propice qui lui convient parfaitement. Elle apprécie particulièrement la tranquillité dans les bois qui sont réservés pour la chasse du grand gibier. Quelques amateurs l’ont depuis longtemps bien compris, et viennent pratiquer leur passion en Sologne.
Novembre et décembre, la chasse bat son plein. Il existe des battues de petit gibier, où les oiseaux volent très forts. Lorsqu’ils ont été lâchés dans des volières à l’anglaise vers l’age de 8 à 12 semaines , ils possèdent alors un tempérament et un vol de vrai sauvage. Le tir et le tableau s’en ressentent d’ailleurs durement les jours de grand vent.
Depuis pas mal d’année, le grand gibier en Sologne est en pleine expansion, et les organisateurs de chasse ont l’obligation morale de limiter leurs populations. Dés que les feuilles sont tombées, de nombreuses battues de sangliers sont organisées dans les trois départements. Contrairement à d’autres régions, elle ne durent pas trop longtemps.
Chaque hiver, le chasseur attend et espère le gros coup de froid venu de l’Est de l’Europe qui peut lui amener pigeons, canards et bécasses en quantité. Lorsque que cela survient, il est surprenant de voir les champs de chaume de maïs devenir bleus de pigeons. Les tableaux ne sont jamais à la hauteur des quantités d’oiseaux vus, mais quel spectacle…
En février, on chasse le lapin qui refait régulièrement quelques apparitions sur certains territoires. Car il revient un peu le lapin. Oh ! Loin s’en faut comme avant, mais assez pour se faire plaisir à le chasser, le tirer, et à le manger. Il faut avouer que sa chasse est amusante, et que son tir est beaucoup moins facile qu‘il n‘apparaît. Qui y a-t-il de plus amusant que de le chasser à l’aide de quelques bassets bien créançés et bien gorgés ?
La saison se termine…Il reste quelques mois à notre chasseur pour revivre en pensée toutes les émotions passées. Et de conclure que chasser en Sologne, c’est le vrai bonheur. Il a pu voir, sentir et entendre. Il a vu en passant, les sous-bois profonds et mystérieux ; les landes jaunies et semées de sapins; les forêts aux teintes variées; les étangs bordés de roseaux qui plient sous le vent. Il a senti les émanations de l’humus au petit matin; les senteurs lourdes des sapinières le soir en été; l’odeur suave du marais au soleil. Il a entendu le soir, le rappel des rouges qui se rassemblent pour la nuit; les battements d’ailes et le cri rauque du faisan qui salue le soleil à la pique du jour; le bavardage des grues qui volent en triangle vers le sud; le brame du cerf ou l’aboiement du chevreuil ; la plainte furieuse du vent dans les sapins ; le récris de la meute qui s’approche, qui s’enfle pour s’éloigner ensuite et se perdre dans le lointain ; le trot d’un cheval exténué sur la route la nuit tombée ; les rappels du second au loin qui rameute ; le hululement de la chouette par temps doux à la passée; le doux cancanement des canards la nuit, qui appellent au loin…
Car la chasse en Sologne, c‘est aussi tout cela…
Alain Philippe
"
|
| |
 |
Liens connexes |
 |
|
 |
Evaluer l'article |
 |
|
 |
Moyenne des scores: 3 Votes: 4

|
|
 |
 |
Options |
 |
|
|