mercredi, 20 novembre 2013 18:46

Le tir dans la traque ?

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traqueAugmentation des accidents

La sécurité est une priorité pour les fédérations départementales qui multiplient les formations destinées à sensibiliser leurs adhérents, ...

 

notament les responsables de territoires et les chefs de battue. Leurs efforts ont porté leurs fruits, avec une baisse sensible des accidents qui ont paradoxalement augmenté cette année dans les traques de grands animaux. Le phénomène est certes ponctuel, mais appelle déjà des commentaires qui vont dans le sens sinon d'une interdiction, en tout cas d'un encadrement plus strict de l'usage d'une arme dans la traque.

Désigner des personnes sûres pour tirer « Les traqueurs doivent bien garder à l'esprit que leur rôle consiste à pousser le gibier à la ligne, éventuellement à servir un animal, non à chasser», observe Gérard Bédarida. Sur son propre territoire, le président de l'Association nationale des chasseurs de grand gibier encadre strictement le tir dans la traque. Deux personnes sûres sont désignées pour intervenir sur le ferme d'un animal jugé menaçant, « contexte toujours dangereux car il génère excitation et stress pouvant faire perdre toute prudence », Sous le coup de l'émotion, un traqueur inexpérimenté oublie qu'il met les chiens et ses voisins en danger. Le conducteur de la meute connail: bien ses auxiliaires et leurs réactions. Il est donc mieux préparé à gérer cette situation, d'en apprécier la dangerosité et de réagir sans céder à la panique. C'est lui qui a la meilleure perception des choses, car ce sont ses propres chiens qui sont menacés.
Quant au second intervenant, il est chargé de fixer l'attention du gibier pendant que le premier le contourne pour le servir. Ce fonctionnement en binôme donne entière satisfaction, tant d'un point de vue sécurité qu'efficacité.


Des formations originales


Qu'il s'agisse de gestion ou de sécurité, nos confrères alsaciens ont souvent une longueur d'avance. Le schéma départemental de gestion cynégétique du Bas-Rhin interdit ainsi le tir dans la traque. Seul le chef d'équipe des traqueurs est autorisé à porter une arme, déchargée, pour achever un animal blessé, ceci à condition d'avoir suivi une formation spécifique renouvelée tous les trois ans. Chaque année, il faut aussi réussir un exercice de tir au Cyné'Tir. "C'est une formation salutaire axée sur la pédagogie qui évite bien des accidents, affirme Gérard Lang, président de la FOC 67. La diffusion d'un film réalisé par la marque Blaser montre les dangers du tir dans la traque où les projectiles, après avoir heurté des baliveaux, adoptent souvent des trajectoires aléatoires. Cette formation à la sécurité est assortie d'une épreuve de tir qui consiste, avec sa propre arme, à placer trois projectiles dans un sanglier arrêté à 25 m. " Onpeine à imaginer la maladresse
des chasseurs, souvent due au mauvais réglage de leur arme», observe Gérard Lang, fier d'annoncer que dans le Bas-Rhin, il faut deux balles pour tuer un sanglier, la moyenne nationale étant de... sept! Mais quel rapport avec la sécurité direz-vous? Bienentraînés au Cyné'Tir, les chasseurs apprennent à garder leur calme et à attendre le bon moment. «À la chasse, insiste Gérard Lang, la sécurité est d'abord une question de maîtrise de soi. Il Maîtrise que l'on acquiert grâce à cet outil pédagogique unique en France -vous tirez sur un écran où sont projetés des films -et dont l'installation, approuvée par 95 % des chasseurs, a coûté 600000 €.

 


Pensons collectif


Les accidents dans la traque ont souvent lieu lors d'un ferme. La montée d'adrénaline, ce délicieux frisson que procure la confrontation
au danger peuvent nous faire oublier les règles les plus élémentaires de prudence face à un adversaire qui reste un fauve. Pour éviter les accidents dans un contexte où tout est mouvant, le gibier comme les chiens, où nous 'perdons nos repères, mieux vaut donc s'abstenir de tirer, sauf si les circonstances le justifient. « Dans ce cas, il faut encadrer l'exercice par des notions de distance et d'espèces, souligne Gérard Bédarida, le tir des cerfs et chevreuils étant interdit. Cela pour des raisons de sécurité, mais aussi car les traqueurs doivent songer aux autres. « On ne peut que recommander aux "directeurs de chasse" de définir des règles adaptées à la configuration spécifique du territoire chassé, tenant compte de la taille de l'enceinte traquée, de la topographie,
de la linéarité des postes, du gibier chassé et qui constituent autant de facteurs à apprécier in situ pour arrêter un dispositif de battue ", précise Jacques Bouchet, chef de la division du permis de chasser et responsable du réseau « Sécurité à la chasse Il de l'ONCFS. « Nous recommandons aussi aux traqueurs de participer au rond avant la chasse. Les consignes de sécurité ne doivent pas exclusivement s'adresser qu'aux "postés", celles énoncées aux "traqueurs" doivent être entendues des "postés".
Enfin dans la traque, les armes doivent être déchargées, on ne marche avec une arme approvisionnée et chargée, dans un milieu parfois hostile et accidenté. Il La chasse en battue est d'abord une entreprise collective et solidaire qui exclue les comportements individualistes, aboutissant forcément à des dérapages.

 

Source LCF Novembre 2013

 

Lu 16596 fois Dernière modification le mercredi, 20 novembre 2013 19:10